Chili : Désert d’Atacama, la subtilité de l’aridité.

Notre road trip au Chili s’achève au désert d’Atacama, le désert le plus aride du monde, celui que j’avais déjà exploré il y a quelques années durant un stage pour étudier comment l’homme et la végétation pouvaient quand même y vivre, les adaptions etc…

Aujourd’hui j’étais pressé de le faire découvrir à Max, mais aussi de vous en parler ici. 

Ce désert s’étend sur 1000 km de la côte Pacifique, du nord du Chili jusqu’à la frontière avec le Pérou et la Bolivie. Ici vous découvrirez que l’aridité n’est pas synonyme d’absence de vie au contraire cette étendue grouille de vie, vous irez de vallées en oasis, de volcans en lagunes et toujours avec la Cordillère en trame de fond. Il faut savoir que le désert d’Atacama forme une écorégion terrestre définie par WWF, il appartient au biome des déserts et brousses xérique de l’écozone néotropicale. Pour beaucoup ça ne veut rien dire mais mon côté paysagiste m’oblige à vous en parler (so sorry). 

En résumé un road trip dans ce désert sera un vrais bonheur pour les yeux mais surtout une expérience unique, votre corps connaitra l’aridité, la vrais, celle qui ne vous fait pas transpiré mais au contraire aspire toute l’eau de votre corps… soyez prêt ça va brûler. 

Que faire dans le désert d’Atacama ? Comment y aller ? Quel budget prévoir ? Suivez ce guide pour préparer au mieux votre road trip au Chili réussir !

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Les immanquables d’un séjour à Atacama

Ce que j’ai appris durant mon étude sur ce terrain c’est que même si les conditions climatiques sont extrêmes, la nature s’adapte pour nous offrir un spectacle des plus riche. Soyez attentifs, regardez au sol, dans le ciel, autour de vous la vie est partout… à l’époque je m’étais particulièrement attardé sur la bande côtière du désert ou chaque jour une brume épaisse envahit le paysage, parfois cela dure même plusieurs jours sans même voir à un mètre devant nous, ce phénomène s’appelle la CAMANCHACA, les hommes comme les plantes ont su s’y adapter. Contrairement au désert de la Guajira ou la population meurt littéralement de soif, ici ce n’est pas le cas car grâce à un système d’épuisettes géantes (ATRAPANIEBLAS) les hommes capturent chaque jour l’eau de la brume… Incroyable non ? C’est un des seuls déserts, si ce n’est le seul, à offrir cette quantité d’eau quotidienne. La flore qui a pu s’y développer est donc unique. 

On pense souvent à tort que « désert » est synonyme de « cactus », ici vous comprendrez vite que la végétation est plus riche, fougères, graminées, casia… recouvre de large étendue et parfois après une belle saison des pluies le désert se recouvre de fleurs… je n’ai jamais eu la chance de le voir. À chaque fois c’était l’année avant ma venue,  je ne perds pas espoir. 

N’oublions pas la faune, vous verrez lamas, guanacos, renards, viscaches, flamants…. Surtout autour des quelques points d’eau.

Je vous le dis dors et déjà mais c’est impossible de tout voir de ce désert en un seul voyage et même moi au bout de deux je n’ai pas encore fait le tour, donc concentré vous sur ce que vous voulez vraiment voir. Voici les lieux clés :

San Pedro de Atacama, l’oasis point de départ

San Pedro, ce nom vous dit forcément quelque chose c’est le point de départ par excellence autant vers le désert que vers l’altiplano. Beaucoup d’agences, d’hôtels, des restos… la ville un peu touristique mais qui a su garder du charme. Ce village ne résume pas à lui tout seul le désert d’Atacama, ATTENTION DONC ! Il est situé à une centaine de kilomètres au sud-est de Calama, ici vous ferez surement l’une des premières rencontres avec une oasis perchée à 2440 mètres d’altitude. Quand vous vous approcherez en bus, observez bien, les limites sont bien nettes et l’oasis reconnaissable à ses habitations en Adobe (briques de terre et paille), l’église en est un bel exemple. Cette ville était autrefois le centre névralgique de la civilisation Atacama, bien avant l’ère inca. Bref c’est un lieu chargé de sens et d’histoire qui vous permettra de découvrir le désert d’Atacama. 

Restaurants : 
  • Hotel desertica, nous avions mangé sur le toit terrasse, une vue imprenable sur les étoiles filantes. Le menu était très bien pour le prix. 
  • Heladería Babalú, pour des glaces de folies.

Il faut faire attention quand même car certains restaurants sont très chers pour ce que c’est …

Où dormir :
  • Hostal Atacama North , un petit hostal sympathique c’est la maman et la fille qui tiennent ça elles sont très drôle toutes les deux ! 34€ la nuit pour deux avec petit dej, ça reste cher mais ça reste San Pedro d’Atacama, ville touristique. 
Agence :
  • San Pedro San board, nous sommes passé par eux pour réserver un pack pour nos sortie : piedras Rojas, valle de la Luna, valle de la muerte et las Termas de Puritama. Impossible de vous dire le prix je ne m’en souviens plus, mais c’était très correct pour 3 jours et demi d’excursions.

La cordillère de Sel et les vallées

Tout proche de San Pedro, quelques minutes en voiture et quelques heures à pied (oui oui on a été jusqu’à la vallée de la Muerte à pied ^^), on peut assister à un spectacle fabuleux, un de nos préférés dans ce désert : la Cordillera de Sal. Elle regroupe des dunes de sables incroyables, des formations rocheuses érodaient par le vent et la pluie, c’est ici que l’on peu admirer la sublime vallée de la Lune, des Dinosaures ou encore de la Mort. 

Nos deux coups de coeur se portent sur la Valle de la Luna et la Valle de la Muerte. La Vallée de la Lune, un incontournable tant les randonnées sont belles et offres des paysages très différents mais toujours désertiques, en tout point, pas d’humain, pas de végétaux, pas d’animaux. Un néant d’une beauté rarement égalé, à mes yeux, ce que j’aime plus que tout c’est la couleur de la terre//sable présente ici. Un nuancier a elles seules. Quant à la Vallée de la Muerte elle est tout autant désertique, son nom vient d’un quiproquo entre différentes traductions qui ont fini par lui donner son nom actuel, mais elle s’appelait à « l’origine » Valle de Marte (vallee de Mars) en échos à la vallée de la Lune, plus blanchâtre. Ici à la vallée de la Mort, la terre est plus ocres-orangés rappelant plus la surface martienne. Je pense que votre guide vous fera un plaisir de vous raconter cette petite anecdote. 

Le couché de soleil sur la vallée de la Luna ….

Salar d’Atacama

Autre incontournable d’une visite au désert d’Atacama c’est bien cet immense Lac au milieu du désert. Le Salar recouvre une surface allant de 160 km de long à 130 km de large (3000 km2 contre 10000 km2 pour le Salar d’Uyuni), il doit son nom à son épaisse croute de sel et de minéraux, qui se forme par la remontée puis l’évaporation d’une immense nappe phréatique salée. C’est le lieu de prédilection pour tous les admirateurs de Flamants roses, on peut les observer de très près ici. 

Le crépuscule et les couchers de soleil sont merveilleux sur ce miroir d’eau naturel. 

 

Les geysers del Tatio

Ceux qui attirent tous les attentions, mais comme on ne fait jamais rien « comme tout le monde », on ne les a pas fait !  Tout simplement car lors d’un précédent voyage en Bolivie, nous en avions déjà fait et comme c’est un certain budget nous avons préféré découvrir d’autres paysages. Cependant ces Geysers restent un incontournables, vous en compterez 80 ! Ces énormes jets d’eau géothermaux ainsi que les immenses fumerolles élançant leurs fumées blanches très hauts dans le ciel, sont un spectacle sans pareil très tôt le matin. Il faut gravir 4320 m d’altitude pour y accéder. Prenez votre petit maillot de bain, car il paraît que le bain dans la piscine thermale naturellement chauffée sera le moment de réconfort… 

Grimper sur le vieux Licancabur. 

Ce volcan Licancabur, littéralement « la montagne du peuple » en kunza (la langue des Atacamas), vous le verrez presque tout le temps dans le paysage, il veille sur le désert d’Atacama avec son sommet perché à 6 000 mètres. Grimper tout là-haut vous permettra de découvrir le désert sous un nouveau regard et notamment le Salar d’Atacama. Sachez que pour cette ascension votre passeport héritera d’un nouveau tampon, celui de la Bolivie, car des mines subsistent encore du côté Chilien. Si vous accédez au cratère du Licancabur vous pourrez admirer un des lacs les plus élevés au monde, qui a suscité beaucoup de recherches scientifiques car ces conditions d’existence se rapprochent de celles observées sur Mars quand cette planète était encore en eaux.

Termas Puritama

Ou comment se réveiller de la meilleure des façons. Un vrai coup de coeur en tant que paysagiste car l’aménagement de ce lieu est juste incroyable et je pense que tout paysagiste rêve de faire ce genre de projet. Quand vous irez, vous aurez l’impression que tout est naturel et pourtant c’est un lieu très aménagé mais avec l’intelligence de lieu. C’est au milieu des paysages des hauts plateaux chiliens que vous vous arrêterez pour descendre découvrir la rivière Puritama qui traverse le canyon, formant des bassins thermaux à plus de 3 500 mètres d’altitude. La température de l’eau est maintenue toute l’année entre 28 et 31 °C, plutôt agréable non quand il est fait très froid dehors 😁. Il y a 8 piscines facilement accessibles par des passerelles en bois qui rendent le lieu unique. 

 

Piedras Rojas

Un paysage qui ne laisse personne indiffèrent, la lagune, la couleur des pierres …. Vous allez adoré. En effet, l’érosion causée par l’eau, ajoutée à l’oxydation du fer présent, donne une couleur et une forme particulière aux roches autre partie de la planète. Avant ces pierres étaient accessibles mais maintenant ce n’est plus le cas. Une personne est présente pour surveiller que vous ne dépassiez pas les zones autorisées ou encore que vous ne fassiez pas voler de drone. La protection du désert à bien changer ces dernières années, si l’on remonte 4 ans en arrière il n’y avait aucune protection, aucune personne pour surveiller le site. Et honnêtement même si nous étions déçus de ne pas pouvoir faire voler le drone, on préfère voir les paysages, la faune et la flore locale protéger. Pas vous ? 

 

Observatoire Space 

Le ciel d’Atacama est un des ciel les plus pure au monde, donc propice à l’observation des étoiles, de la voie lactée … Nous avons privilégié l’observatoire space car il possède un parc de lunettes astronomiques très puissant. Chaque soir, sauf les 6 jours autour d’une pleine lune, un couple vous proposera une lecture du ciel. En trois langues : anglais, espagnol, français ! À vous de préciser à votre inscription quelle langue vous désirez. C’est super complet, pas trop scientifique, enfin juste ce qu’il faut. Nous avons appris beaucoup de choses et nous avons prit un grand plaisir à photographier ce ciel de dingue. Le prix du tour est de 25000 pesos chilien, et inclut le transport de et à San Pedro, ainsi qu’une boisson chaude. Réservé bien à l’avance car c’est très prisé. 

 

Comment se rendre dans le désert d’Atacama ?

Deux grandes options s’offrent à vous, pour un prix quasiment similaire si vous vous y prenez un peu tôt pour l’avion. Plusieurs « grandes » villes sont présentes dans le désert et toutes offrent la possibilité d’excursions intéressantes.

La route reste une belle façon de rejoindre l’Atacama, en découvrant le défilé des paysages changeants au fil des kilomètres. L’idéal est d’emprunter la très réputé route n°5 La Panaméricaine, qui traverse tout le nord du Chili et passe par les quatre grandes régions de l’Atacama. Mais, ce n’est plus le seul moyen de se rendre dans l’Atacama, en effet depuis quelques années maintenant des aéroports offre un voyage plus court. Les principales villes Arica, Iquique, Antofagasta et Copiapó, ainsi que Calama disposent d’un aéroport accueillant les vols domestiques quotidiens en provenance de la capitale, Santiago de Chile.

En ayant fait les deux (bus Santiago// San Pedro de Atacama ou avion Santigo // Iquique) je peux vous dire que l’avion est bien plus pratique et surtout moins fatigant.

Comment visiter désert d’Atacama ?

Avec du recul je dirais seul. Beaucoup d’entre nous suivront les traces des agences car c’est bien plus simple, nous n’avons rien à faire on se laisse juste guider. Mais très honnêtement si vous avez le temps, organiser votre voyage, votre road trip et vos visites seuls avec votre voiture. Le plaisir sera bien plus grand, je pense. Toutes les routes sont praticables, il n’y a pas de danger, vous aurez tout le temps que vous désirez pour vous arrêter au bord de la route admirez les animaux sauvages. Au niveau tarif ça doit quasiment se valoir. 

Quand visiter l’Atacama ?

Ce désert est considéré comme l’un des plus secs au monde, en raison de la rareté des précipitations, qui aujourd’hui sont équivalents à une cuillère à soupe par an. Ceci est dû à la situation géographique qui enclave l’Atacama entre la cordillère de la Côte et celle des Andes, formant une barrière naturelle qui empêche les nuages du Pacifique et du bassin amazonien de couvrir la région. À l’aridité s’ajoutent des variations extrêmes de températures : de jour les températures peuvent atteindre 45°C et descendre sous 0°C la nuit. S’il est difficile de définir le meilleur moment pour s’y aventurer, la période qui s’étend d’avril à novembre est celle où le climat est le plus propice.

Que mettre dans sa valise ?

Cette question est très importante car le climat est très variable et que pour un voyage réussit il faut avoir une valise bien bouclée. Alors nous vous conseillons d’être prévoyant et de prendre toute votre garde-robe. Ahaha c’est une blague mais à moitié car vous aurez besoin de vêtements des 4 saisons avec des vêtements chauds (pulls, pantalons, vêtement technique de ski, chaussette …), mais aussi des vêtements légers (robe, short, maillot de bain …), de la crème solaire 50, des lunettes de soleil et un chapeau (l’indispensable)…

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